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12 décembre 2006

Le Dhalia noir

Après un week-end déconfiture rien ne vaut un peu de culture pour relancer une nouvelle semaine. Un peu de culture avec Le Dahlia noir, livre de James Ellroy dont le film plutôt moyen paraît-il est sorti récemment.

Autant vous le dire tout de suite je ne connaissais pas Ellroy avant ce livre. J’ai voulu lire son Dahlia noir, considéré comme un classique des classiques dans la littérature policière, afin de découvrir l’auteur et le style.

Le Dahlia noir, l’histoire de cette femme retrouvée mutilée, le corps coupé en deux à Los Angeles dans le milieu des années 40. Une histoire vraie reprise par Ellroy. Mais aussi l’histoire du boxeur policier Bucky Bleichert, de son pote Blanchard, de leur femme Kay, de Madeleine, Harry, Russ et tous les autres.

Une histoire riche en rebondissements, une histoire complexe, une histoire avec beaucoup d’action, une histoire qui s’étend sur plusieurs années. Les personnages sont tous très complexes et ambigus, difficiles à cerner. Parfois leurs réactions surprennent, leurs faits, gestes et paroles nous intriguent. J’ai de temps en temps éprouvé du mal à avancer dans le livre, un peu perdu par tous ces changements ou ces phrases inattendues.

L’intrigue est assez réaliste, le dénouement plutôt crédible. Tout se passe dans les années 50 mais l’histoire est d’une modernité absolue. Ce livre est une base de la littérature et maintenant du cinéma policier. On y retrouve tous les éléments : les analyses méticuleuses des Experts, l’approche psychologique d’un Maigret, les déductions successives d’un Rouletabille ou d’un Sherlock Holmes, les interrogatoires musclés et les scènes d’actions comme dans tout bon film avec des flics américains, les scènes d’horreur digne du Silence des Agneaux.  On les retrouve tous réunis ici là où les autres ne joue que sur un ou deux de ces tableaux. En cela le livre d’Ellroy est précurseur et tient du génie.

Mais ce livre n’est pas qu’une histoire bien ficelée, des personnages que l’on connaît jusqu’au plus profond d’eux ou une simple base de la littérature policière, il s’agit surtout pour Ellroy d’expier ici le meurtre de sa mère dans les années 50. Cet exutoire est le but même du livre mais aussi sa raison et sa cause. Tout le livre transpire cela.

Ellroy nous raconte en fait ici l’histoire d’amour universelle entre mère et fils, entre parents et enfants. Comme dans un complexe d’Oedipe gigantesque, il nous raconte un amour sexué entre sa mère, le Dhalia et lui, Bucky. Sexué mais jamais transgressif car le Dhalia est morte avant que Bucky ne la connaisse et il transfert son amour sur ses autres femmes. Ce double transfert : livre à la première personne (Ellroy --> Bucky) puis Bucky qui couche avec  Madeleine / Kay en pensant au Dahlia (Madeleine / Kay --> Dhalia ) établit clairement un rapport sexué mère fils sans pourtant arriver au rapport physique et cruel en lui-même.
Mais tout réduire au simple complexe d’Œdipe n’est pas suffisant. L’acharnement de
Bucky a retrouver le tueur du Dhalia est directement lié au meurtre de la mère, à son manque, à cette quête de vérité tout à fait personnelle. La complexité des personnages tient de toute la complexité de l’amour entre Ellroy et sa mère, ce déséquilibre entre le temps où il l’a connu et le temps pendant lequel il a vécu sans elle, son départ violent et cruel, sa vie à lui qui finalement est irrémédiablement lié à elle, par sa naissance mais aussi par la mort de celle-ci.

On peut considérer le livre d’
Ellroy comme une sorte de chef d’œuvre parce qu’il y a du génie dans son histoire, capable d’attaquer tous les angles d’une histoire et de créer les bases de la littérature policière. Chef d’œuvre aussi parce qu’il a réussi à faire passer un message latent et pourtant imprégné dans chaque page du livre. Il se libère (en partie ? ) de son histoire par ce récit. Ce perte d’un être chair/cher est évidemment la raison du livre mais en devient l’essence même.
Enfin j’aime beaucoup tous les petits moments où tout bascule dans le livre, ces moments décisifs géniaux, ces moments où l’histoire balance d’un côté ou de l’autre. Chaque moment clé pourrait constituer un roman entier tant l’idée est belle, tant il y a développer sur le thème. Le livre d’
Ellroy foisonne de ces idées sans pour autant surcharger le récit.

Pour son récit précurseur, pour le fondement même du livre, pour son intelligence narrative mais aussi pour tous ses niveaux de lecture et d’analyse, il faut avoir lu Le Dahlia noir.
Pour finir je dirai que ce n’est pas mon livre favori mais j’oserai une comparaison musicale (Simon calme toi) avec les Beatles . Génies précurseurs, on peut ne pas aimer mais il faut nécessairement connaître pour apprécier le reste.

Posté par burette1982 à 17:03 - De bons bouquins ... - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 juin 2006

Harry, un sorcier qui vous veut du bien

Je m'y suis mis. Peut-être un peu après tout le monde mais c'est comme cela. J'ai commencé Harry Potter, in english, silvouplé ! J'ai commencé il y a quelques semaines déjà. J'en suis au livre 3 et j'avoue que l'histoire est très réussie. Je me suis pris au jeu. Je suis donc embrigadé pour la suite.

Je ne l'aurais pas lu en français mais en anglais le challenge était tentant. Les échos de tous étaient positifs et comme j'avais les livres à disposition j'ai attaqué ! Les débuts ont été un peu difficile mais ensuite ca se lit vraiment bien. Il y a toujours quelques mots un peu bizaroides qui passent à travers mais cela ne change pas la compréhension générale. De plus la version originale permet d'avoir tous les jeux de mots et les blagues qu'on ne peut pas ou mal traduire. Ce qui apporte une plus value certaine au livre.

Concernant le contenu, j'avoue que tout est bien construit. Les personnages s'installent petit à petit, les lieux magiques, le monde des sorciers, les histoires du passé, le tout agrémenté de suspense et de rigolade, tout cela est savamment orchestré. On se laisser ballader dans les aléas de l'histoire avec un plaisir non boudé. Bien sûr on trouve les méchants très méchants, les gentils très gentils mais aussi des méchants dont on ne sait pas s'ils sont méchants. On trouve ici le réel intérêt d'écrire une histoire sur plusieurs livres. Les personnages et les situations peuvent évoluer. Les histoires qui en découlent seront alors savoureuses à condition que l'ensemble se tienne parfaitement. Ce qui est le cas pour l'instant.

Pour comparer j'ai regardé le film tiré du premier livre. Je ne l'avais pas vu avant. Il y a bien sûr des points positifs à ce film : les personnages et les lieux sont rendus matérialisables à défaut d'être tout à fait réalistes. Désormais l'histoire se rattache à une réalité et cela ne fait qu'augmenter mon intérêt pour la lecture des livres suivants. Cependant le film ne rend absolument pas compte de l'histoire : certains passages sont omis ou raccourcis alors qu'ils étaient croustillants parfois. D'autre part toute l'intrigue et son évolution n'est pas bien mise en avant. On assiste dans le film à une suite de déductions toutes plus impromptues les unes que les autres. Au final l'histoire se fait beaucoup moins crédible dans le film. Enfin, j'ai vu le film en VF et je ne comprends pas pourquoi les noms originaux du livre ont été remplacés par des noms ridicules en français. Bref on entend parler de Poudlard alors qu'on voit écrit Hogwarts. Ceci est vraiment inutile car la moitié des personnages gardent le même nom à consonance anglaise et l'autre change. C'est nul et ca n'apporte rien. Enfin les doublages sont vraiment mal faits. Donc je suis assez déçu du premier film alors que le premier livre était assez réussi.

Posté par burette1982 à 23:59 - De bons bouquins ... - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mai 2006

Maigret de canard

Un petit moment littérature ce soir. Tout d'abord pour vous dire que j'ai vu mardi soir je crois L'empire des Loups sur Canal+. Le film est tiré du livre du même nom de Jean-Christophe Grangé (cui-là même des Rivières Pourpres). Autant vous le dire tout de suite le film n'est pas bon. L'histoire très dense ne peut pas être mise sous un format de film d'1 heure 30. Le récit est totalement décousu et on ne pige rien. Reste la plastique du film vraiment très réussie par contre et une bande son excellente.
On retrouve sur celle-ci un titre de Skin (Skunk Anansie) : Kill everything. Autant vous le dire je l'écoute en boucle. C'est vraiment énorme comme titre et ca rentre direct dans mes titres cultes !

Tout cela pour venir à Jean-Christophe Grangé dont j'ai lu 3 livres : Le vol des cygognes, la ligne noire et le concile de pierre. Je dois dire que j'aime assez le style. J'aime beaucoup les voyages qu'il fait faire à ses personnages et les enquêtes qu'ils mènent. Je trouve que le concile de pierre est un peu trop surréaliste et j'ai pas trop accroché sur le personnage principal de la ligne noire et donc vous aurez compris que mon préféré est le vol des cygognes. Vraiment le bouquin est excellent. Tout part d'une enquête sur des oiseaux migrateurs pour arriver au bout du monde, aux limites de l'humanité, aux limites du censé et aux limites du personnage. Franchement la fin est exceptionnelle et il faut vraiment s'accrocher tant l'auteur va loin dans la folie humaine et la cruauté. Extrêmement bon.

Un autre auteur dont j'ai lu les trois livres c'est Maxime Chattam. Il est jeune, français et talentueux. Ses trois livres l'âme du mal, in tenebris et maléfices se déroulent aux Etat-Unis avec en personnage principal Joshua Brolin, policier puis détective privé et Annabelle O'Donnell flic à New-York. Les trois livres parlent de tueurs en série. J'adore ce type de bouquins et j'ai tout de suite accroché. Je ne les ai pas lu dans l'ordre (j'ai fais 3,1,2) et cela ne pose pas de problème. Franchement c'est très bien écrit, ca se lit très facilement et surtout l'auteur sait manier le suspense avec brio. Autant vous dire que vous êtes obligés de réduire votre nuit pour finir les 100 dernières pages. C'est insoutenable et jouissif. J'adore !

Concernant les trois livres, les histoires sont très réalistes que ce soit pour les enquêtes, les personnages, les descriptions. La psychologie des tueurs est extrêmement bien pensée, travaillée, étudiée et cohérente. Derrière cela il y a une réelle critique de la société et de ses travers. Intéressant. On sent aussi que l'auteur qui a vécu aux Etats-Unis adore la région de l'Orégon (entre Seattle et la  Californie) et il nous le transmet bien. Vraiment une magnifique découverte que cet auteur avec ces trois livres dont j'attend la suite.

Sans rentrer trop dans les détails le premier livre l'âme du mal nous emmène vers l'écoeurement dans son déroulement, le second in tenebris est le plus sombre. Il nous jette dans un New-York froid et sous-terrain exceptionnellement triste et rude. Le troisième Maléfices possède malgré tout une note d'espoir. De plus je trouve que l'histoire globale sur les trois histoires tant au niveau évolution des personnages que de leurs relations est tout à fait juste et cohérente et ce tout au logn des trois livres. Un excellent tryptique intelligent et avec une bonne dose de suspense donc.
Enfin un dernier point vraiment excellent. En fait le tueur n'est jamais un inconnu. Il fait toujours partie des personnages croisés tout au long du récit. Autant vous dire qu'on cherche tous les indices laissés par l'auteur...

J'adore donc les bouquins avec des tueurs en série complêtement déjantés, capables du pire et qui vont au delà des limites de la cruauté. Peut-être faut-il y voir une sorte d'exutoire ? Je ne sais pas. Avec le livre que je lis actuellement je suis servi. Il s'agit de Travail soigné de Pierre Lemaître, son premier livre. J'en suis à la moitié et j'adore le concept. Un tueur en série recrée les scènes mythiques des livres les plus noirs : Le Dhalia noir de Ellroy, American psycho d'Ellis. Autant vous dire que j'ai envie de lire ces bouquins pour la suite. Concernant l'actuel ca va vraiment très loin dans la cruauté et le commandant qui mène l'enquête mesure 1m45. Autant vous dire que j'ai accroché... je ne sais pas pourquoi :). Là je pense avoir trouvé le tueur. Je vous tiendrai au courant !

Je préfère les auteurs français aux anglo-saxons et encore mieux lorsqu'ils font se dérouler leurs histoires en France. On peut alors encrer ces histoires dans un monde que l'on connait mieux et s'immerger plus facilement dans les histoires. De plus il y a toutes les subtilités de la langue française et toutes ces petites phrases qui font sourire et qui font qu'on adore un livre ou non. Dans ce style j'aime beacoup Fred Vargas dont les histoires sont truffées de petites phrases excellentes.

Je pourrai en parler des heures de tous ces livres.... Je me réserve donc pour un prochain billet dans lequel j'aurai tout autant à dire. J'espère que je vous aurai donné envie  de lire un ou plusieurs de ces bouquins et pour ceux que je connais je peux faire bibliothèque !

Posté par burette1982 à 00:46 - De bons bouquins ... - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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